Barrage de Roselend : histoire, chiffres et visite du lac de Savoie

Vue sur le barrage de Roselend et son lac de retenue au coeur du Beaufortain en Savoie

Le barrage de Roselend est un ouvrage hydroélectrique de Savoie, situé sur la commune d’Arêches-Beaufort, dans le massif du Beaufortain, à environ 1 559 mètres d’altitude. Mis en service au début des années 1960, il retient une retenue de 320 hectares et produit de l’électricité grâce à une chute d’eau d’environ 1 200 mètres. On y accède par la route depuis Beaufort ou par le Cormet de Roselend, mais cet axe de montagne est fermé en hiver à cause de la neige.

Où se trouve le barrage de Roselend et comment le situer sur une carte

Le barrage de Roselend occupe le fond d’une vallée suspendue du Beaufortain, à une poignée de kilomètres à l’est de la petite ville de Beaufort-sur-Doron. Il se niche entre le col du Pré et le Cormet de Roselend, deux passages bien connus des cyclistes et des automobilistes qui empruntent la route des Grandes Alpes.

Le repère le plus simple reste la vue : depuis la crête de l’ouvrage, le regard porte sur le Roc du Vent, sur les alpages qui descendent vers le Doron et, par temps clair, sur la chaîne du Mont Blanc. Cette configuration explique en partie la notoriété du site, car peu de barrages français offrent un panorama aussi large tout en restant accessibles en voiture.

Administrativement, le lac appartient au département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Le bassin versant qui l’alimente couvre environ 43,7 kilomètres carrés, un périmètre modeste qui a justifié le transfert d’eaux captées plus haut dans le massif pour garantir un remplissage régulier de la retenue.

Les caractéristiques techniques du barrage de Roselend

L’ouvrage est un barrage voûte à contreforts à double courbure. Traduit en langage courant : la paroi s’appuie sur les flancs rocheux de la vallée et reporte la poussée de l’eau vers les rives grâce à une série de contreforts. Cette conception permet d’utiliser beaucoup moins de béton qu’un barrage poids de même hauteur, un avantage décisif dans un site d’altitude difficile d’accès dans les années 1950.

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Caractéristique Valeur
Type d’ouvrage Barrage voûte à contreforts, double courbure
Hauteur sur fondations Environ 150 mètres
Longueur en crête 804 mètres
Épaisseur en crête 3 mètres
Épaisseur à la base 22 mètres
Altitude de la crête 1 559 mètres
Volume de béton Environ 940 000 mètres cubes
Superficie du plan d’eau 320 hectares
Profondeur maximale 130 mètres
Volume de la retenue Environ 185 millions de mètres cubes
Puissance installée 600 mégawatts
Turbines 6 turbines Pelton
Production annuelle Environ 1 térawattheure

Deux chiffres surprennent souvent les visiteurs. Le premier concerne l’épaisseur : trois mètres au sommet contre vingt-deux mètres à la base, ce qui donne à l’ouvrage cette silhouette fine et élancée visible depuis les belvédères. Le second concerne la profondeur du lac, qui atteint 130 mètres à son point le plus bas.

Une construction de sept ans et un village englouti

Le chantier démarre en 1955 et s’achève au début des années 1960, mobilisant jusqu’à 2 600 ouvriers sur un site dépourvu de routes carrossables au départ. Il fallut percer des galeries, aménager des accès, monter une cité temporaire pour loger les équipes et couler près d’un million de mètres cubes de béton dans des conditions hivernales rudes.

La mise en eau, le 6 mai 1960, reste le moment le plus raconté de cette histoire. Elle a noyé le hameau de Roselend et submergé 15 des 54 alpages du vallon. Avant la fermeture des vannes, la chapelle Sainte-Marie-Madeleine a été démontée pierre par pierre puis reconstruite en amont, sur un promontoire qui domine aujourd’hui la retenue. Ce déplacement est devenu un symbole de la mémoire locale, entre acceptation de l’énergie industrielle et nostalgie des fermes disparues.

L’arrivée du barrage a transformé l’économie du Beaufortain. Des emplois de chantier, puis d’exploitation, sont venus compléter une activité pastorale qui reste bien vivante, comme en témoignent les troupeaux présents l’été sur les rives. La question du partage de l’eau entre production électrique, agriculture et tourisme se pose aujourd’hui à chaque épisode de sécheresse.

Comment le barrage de Roselend produit de l’électricité

L’eau stockée dans la retenue n’est pas turbinée sur place. Elle est conduite par une galerie longue d’une dizaine de kilomètres jusqu’à la centrale de La Bâthie, en aval, où elle actionne six turbines Pelton sous une chute d’environ 1 200 mètres. Cette dénivellation exceptionnelle explique le rendement du site : pour un volume d’eau donné, la production est très supérieure à celle d’un aménagement de plaine.

Avec 600 mégawatts de puissance installée et une production annuelle proche de 1 térawattheure, l’aménagement compte parmi les plus importants de France. Il fonctionne en complément d’autres retenues du secteur, notamment La Gittaz et Saint-Guérin, qui forment avec Roselend un ensemble hydraulique géré de manière coordonnée. Le choix du site répondait à trois contraintes : une forte pente, un bassin de collecte naturel et la possibilité de noyer un vallon sans déplacer une population nombreuse.

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Accéder au barrage de Roselend selon la saison

Deux itinéraires principaux mènent au site. Le premier passe par Albertville, puis Beaufort-sur-Doron, avant de monter vers le lac par la route du col du Pré. Le second arrive de Bourg-Saint-Maurice par le Cormet de Roselend, une route de montagne spectaculaire qui longe le versant avant de basculer sur la retenue.

Point essentiel pour préparer un déplacement : la route du Cormet est fermée en hiver, généralement de novembre à la fin du printemps selon l’enneigement. La montée depuis Beaufort reste praticable plus longtemps, mais elle peut être ponctuellement coupée par la neige ou par des travaux. Avant de partir, mieux vaut vérifier l’état des accès auprès de l’office de tourisme local, surtout en début et en fin de saison.

Une fois sur place, le stationnement se fait sur des parkings aménagés en amont et en aval de la digue. Leur capacité reste limitée : en juillet et en août, arriver avant dix heures change réellement l’expérience de visite.

Les personnes à mobilité réduite trouvent un point de vue accessible depuis l’aire aménagée au niveau de la crête, sans avoir à emprunter les sentiers. Pour une sortie en famille, comptez une heure à une heure trente sur place, davantage si vous ajoutez une boucle de randonnée courte autour du belvédère.

Randonnées, pêche et règles à respecter autour de la retenue

Le site est avant tout un espace de promenade et de randonnée. Plusieurs circuits balisés partent des abords du barrage, dont des itinéraires rejoignant la crête de Roches ou le Cormet. Le dénivelé grimpe vite et l’orage arrive rapidement en altitude : une couche coupe-vent et un peu d’eau dans le sac restent la base, même pour une sortie annoncée courte.

La baignade est interdite dans la retenue. Les raisons sont techniques et sécuritaires : le niveau du lac varie brutalement selon les besoins de production, les berges sont instables par endroits, et l’eau de fonte reste très froide même au coeur de l’été. Un contact prolongé avec une eau à moins de douze degrés provoque une perte de force rapide, parfois accompagnée d’une sensation de picotement dans tout le corps qui doit alerter et faire sortir immédiatement.

La pêche reste autorisée en dehors des zones d’interdiction et avec un permis en règle ; la navigation de loisir et les engins motorisés sont, eux, encadrés voire prohibés. Les chiens doivent être tenus en laisse à proximité des troupeaux, et le bivouac sauvage n’est pas admis sur le domaine. En fin d’été, les pique-niques attirent parfois des guêpes : mieux vaut savoir reconnaître le Frelon asiatique avant de s’installer, et ne jamais laisser de nourriture à l’air libre.

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Faune, flore et gestion de l’eau dans le Beaufortain

Les rives du lac de Roselend constituent un milieu de haute montagne où se croisent espèces alpines et oiseaux d’altitude. Les alpages qui bordent la retenue accueillent vaches et moutons pendant la belle saison, ce qui maintient une flore rase typique, riche en gentianes et en plantes de rocaille. La gestion du niveau d’eau a toutefois un effet direct sur les zones humides riveraines, dont la surface fluctue au fil des besoins de production.

Le sujet devient sensible lors des étés secs. Arbitrer entre remplir la retenue pour produire de l’électricité en hiver, maintenir un débit suffisant pour la vie aquatique en aval et préserver une activité agricole dépendante de l’eau n’a rien d’évident. Ces équilibres sont suivis par des comités locaux où siègent exploitants, collectivités et représentants des usagers.

Côté production locale, le Beaufortain reste une terre d’élevage et de fromages. Une halte dans les fermes d’Arêches ou de Beaufort permet de comprendre ce que représente cette filière pour le territoire, y compris sur le plan nutritionnel : les fromages apportent du calcium, un atout quand on sait qu’un manque de calcium peut fragiliser les os et les dents sur le long terme.

Ce qu’il faut retenir avant de partir sur la route du barrage

Le barrage de Roselend se découvre en une demi-journée, mais il se comprend mieux si l’on fait le détour par le Cormet et par le point de vue du col du Pré. Le site conjugue un ouvrage d’ingénierie remarquable, un lac de 320 hectares et une mémoire locale marquée par le village noyé de 1960. La visite demande peu de préparation, si ce n’est de vérifier l’ouverture des routes, d’emporter une protection contre le vent et de respecter les interdictions, notamment celle de la baignade.

Quelle est la hauteur exacte du barrage de Roselend ?

L’ouvrage culmine à environ 150 mètres au-dessus de ses fondations, pour une longueur de crête de 804 mètres et une altitude de 1 559 mètres. Sa retenue atteint 130 mètres de profondeur à l’endroit le plus bas.

Le lac de Roselend est-il ouvert à la baignade ?

Non, la baignade est interdite. La variation rapide du niveau d’eau, l’instabilité de certaines berges et la température très basse de la retenue rendent la pratique dangereuse, même par forte chaleur.

À quelle période la route menant au barrage est-elle praticable ?

La route du Cormet de Roselend est fermée en hiver, généralement de novembre jusqu’à la fin du printemps. L’accès depuis Beaufort par le col du Pré reste ouvert plus longtemps, mais peut être coupé par la neige ou des travaux.

Combien de temps prévoir pour une visite du site ?

Comptez une heure à une heure trente pour le tour des belvédères et la digue. Une demi-journée est nécessaire si vous ajoutez une randonnée vers la crête de Roches ou une halte au Cormet de Roselend.

Peut-on visiter l’intérieur du barrage de Roselend ?

L’ouvrage n’est pas ouvert à la visite libre, car il s’agit d’une installation industrielle en exploitation. Les abords, la crête et les points de vue aménagés restent accessibles au public aux beaux jours.

Quelle quantité d’électricité produit l’aménagement chaque année ?

La production annuelle avoisine 1 térawattheure, avec 600 mégawatts de puissance installée et six turbines Pelton alimentées par une chute d’environ 1 200 mètres vers la centrale de La Bâthie.